Un portrait de Néron doté du sistre isiaque morePublished with Richard Veymiers in D. Gérin, M. Amandry et A. Geissen éd., Aegyptiaca Serta in Soheir Bakhoum Memoriam. Mélanges de Numismatique, d’Iconographie et d’Histoire (Collezioni numismatiche, 7), Milan 2008, p. 211-219. |
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COLLEZIONI
NUMISMATICHE
— Materiali pubblici e privati —
7
^gyptiaca serta in
Soheir Bakhoum
memoriam
Melanges de numismatique, d'iconographie et d'histoire
edites par
Dominique Gerin
Angelo Geissen
Michel Amandry
2008
BlBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE
EDIZIONI ENNERRE • MlLANO
Sommaire
Preface
Leclant Jean
« Soheir Bakhoum » ....................................................... 9
hommages
Bern and Andre
« Une grande perte pour la numismatique ».................................... 13
bernand Etienne
« Apercu sur l'antique Alexandrie » ........................................... 15
GERIN Dominique
« La petite collection alexandrine de Soheir Bakhoum » (pi. n08 1-5) ................... 21
Questions d'identification
PlCARD Olivier
« A la recherche du pentadrachme d'Heron d'Alexandrie » (pi. n° 6) .................. 39
burnett Andrew
« The Alexandrian Coinage of Caligula » ....................................... 45
LlCHOCKA Barbara
« Un tetradrachme de Neron, dit "miroir de Neron", trouve
a K6m el-Dikka a Alexandrie » (pi. n° 7)....................................... 49
tresors et fouilles
Amandry Michel
« Un depot de monnaies alexandrines au Musee departemental d'Art
ancien et contemporain d'Epinal » (pi. nos 8-9) .................................. 61
Martini Rodolfo
« Un nucleo di tetradracmi alessandrini di Probus della collezione Laffranchi
nelle Civiche Raccolte Numismatiche di Milano di "acq(uisto) Dattari" » (pi. n° 10)....... 71
Seif el Din Mervat, Shahin Mona, Faucher Thomas
« Un tresor de monnaies ptolemai'ques en bronze au Musee greco-romain
d'Alexandrie : le tresor de Nag Hammadi 1937 » (pi. nos 11-15) ..................... 79
Seif el Din Mervat, El Maghrabi Faiza
« Coins from Nag Hammadi in the Graeco-Roman Museum in Alexandria » ............ 95
noeske Hans-Christoph
« Der Miinzschatz von Abu al-Gud und einige Uberlegungen
zum Hortungsverhalten im kaiserzeitlichen Agypten »............................ 113
Shahin Mona
« A Hoard of Alexandrian Billon Tetradrachms found in 1967 in Kom Aushim »......... 155
Parente Anna Rita
« Monete da Bakchias. Campagne di scavo 2003-2007 » (pi. nos 16-18).................. 165
marcellesi Marie-Christine
« La serie romaine tardive d'Alexandrie aux types de Sarapis et du Nil » (pi. n° 19)....... 185
iconographie
queyrel Francois
« La Pseudo-Cleopatre de la Maison du Diadumene a Delos » (pi. nos 20-22) ............ 199
bricault Laurent, veymiers Richard
« Un portrait de Neron dote du sistre isiaque » (pi. 23-24)........................ 211
geissen Angelo
« Sabina-Demeter-Isis. Eine Klarstellung » (pi. nos 25-26)............................ 221
staffieri Giovanni Maria, tosi Mario
« La barca sacra di Osiris nella monetazione alessandrina » (pi. nos 27-28)............... 229
Barakat Fatma
« Zu Agathos Daimon und seinen Darstellungen in der
alexandrinischen Kunst » (pi. nos 29-30)........................................ 237
Weber Manfred
« ^Egyptus in nummis » (pi. n° 31) ............................................ 243
HlSTOIRE DES ETUDES ALEXANDRINES
Christiansen Erik
« Dattari, Milne, Curelly and 30-40,000 Alexandrian Coins »
SAVIO Adriano
« Giovanni Dattari "egittologo" » ....................
253
275
Auteurs / Authors
286
COLLEZIONI
NUMISMATICHE
— Materiali pubblici e privati —
collana diretta da Rodolfo Martini e Novella Vismara
COLLEZIONI NUMISMATICHE 7
Dominique Gerin, Angelo Geissen, Michel Amandry (edites par),
ALgyptiaca serta in Soheir Bakhoum memoriam
Melanges de numismatique, d'iconographie et d'histoire
ISBN 88-87235-??-?
Copyright © 2008 by
Edizioni ennerre S.r.L, Milano
Via San Rocco, 8
I - 20135 MILANO
tel/fax (+39) 02 58.30.91.85
www.edizioniennerre.it
info@edizioniennerre.it
Un portrait de Neron dote du sistre isiaque
Laurent Bricault, Richard Veymiers
Le sujet de cette contribution porte sur une intaille en agate apercue recemment en exposition sur la
toile mondiale. La pierre, de 1,45 cm x 1,01 cm x 0,40 cm de dimensions, presente une forme ovale et
se compose de bandes concentriques de couleur jaune a orangee. Sur le dessus, un artisan a grave un buste
masculin tourne vers la gauche (fig. 1). Sa tete vue de profil capte aussitot le regard de l'observateur par
le contraste expressif qui se degage de 1'association de traits faciaux assez concentres avec un crane et
un cou plutot massif. Loin de toute tendance idealisante, le rendu du visage se caracterise par un souci
de singularite, qui personnalise le portrait en reproduisant une physionomie sans doute fidele a la realite.
Sur le profil charnu, presque bouffi, d'un individu a 1'aspect certainement corpulent, se detachent un long
nez legerement aplati, un ceil peu distinct, une petite bouche et un menton en legere galoche. La chevelure,
traversee par une couronne de laurier, presente une coiffure composee d'une serie de boucles paralleles
qui recouvrent le haut du front et redescendent en larges favoris devant les oreilles. Le haut de la poitrine
est recouvert par un drape assez fin formant une large echancrure tandis que les epaules sont enveloppees
dans un drape plus epais dote de quelques plis saillants. Devant le buste, se trouve un petit attribut fort
stylise qui se compose d'un manche et d'un cadre rectangulaire.
1. L'identification du profil: I'empereur Neron
La couronne de laurier qui ceint la tete du personnage est revelatrice de son statut imperial. La forme
et les details du visage permettent de l'identifier avec un haut degre de certitude a I'empereur NeronO).
La lourdeur des traits faciaux et la coiffure in gradus formata(2) sont en effet caracteristiques du dernier
type de portrait imperial en usage a la fin du regne. Un fades similaire, parfois pourvu d'une barbe legere,
apparait sur les nouvelles emissions monetaires introduites en 64 apr. J.-C. pour celebrer le dixieme anni-
versaire du regne de Neron (decennium)(3) et poursuivies jusqu'a la mort de I'empereur (fig. 2 et 3)(4).
On le retrouve sur quelques bustes(5) plastiques (fig. 4 et 5) et sur quelques gemmes(6) (fig. 6 et 7) ou
bagues(7) qui reprennent souvent le schema des monnaies. L'artiste a l'ceuvre derriere notre intaille a sans
doute aussi utilise une emission monetaire comme modele. Ce faisant, il a transforme la gemme en
(') Sur les types de portrait de Neron: U. W. Hiesinger, The Portraits of Nero, dans AJA 79,1975, p. 113-124, pi. 17-25 (la
bibliographie anterieure est mentionnee en note 1) ; H. Jucker, Iulisch-claudische Kaiser- und Prinzenportrats als « Palimpseste »,
dans 7d/96, 1981, p. 236-316 ; P. Zanker, M. Bergmann, 'Damnatio Memoriae'. Umgearbeitete Nero- undDomitianportrats.
Zur Ikonographie der flavischen Kaiser und des Nerva dans Jdl 96, 1981, p. 317-412 ; H. Born, K. Stemmer, Damnatio
memoriae : das Berliner Neroportrat (Sammlung Axel Guttmann, V), Mainz am Rhein, 1996 ; M. Bergmann, Die Strahlen
der Herrscher. Theomorphes Herrscherbild und politische Symbolik im Hellenismus und in der romischen Kaiserzeit, Mainz
am Rhein, 1998, p. 147-149 ; K. Welch, Nerone e i Flavi: dialoghifra la Domus Aurea ed il Colosseo, il ritratto di Nerone
di quarto tipo e I'immagine di Vespasiano, dans J.-M. Croisille, Y. Perrin (eds), Neronia VI. Rome a I'epoque neronienne.
Institutions et vie politique, economie et societe, vie intellectuelle, artistique et spirituelle (Collection Latomus, 268), Bruxelles,
2002, p. 123-140 ; R. Schneider, Gegenbilder im romischen Kaiserportrat: Die neuen Gesichter Neros und Vespasians, dans
M. Buchsel, P. Schmidt (eds), Das Portrdt vor der Erfindung des Portrats, Mainz am Rhein, 2003, p. 59-76.
(*) Suetone, Vita Neronis, 51.
(3) U. W. Hiesinger, Portraits of Nero, p. 124 ("Decennial" portrait type). Cette date coincide aussi avec les vingtieme
et cinquantieme anniversaires de la mort de Claude et d'Augusts, les deux divi de la famille julio-claudienne.
(4) Pour quelques exemples : U. W. Hiesinger, Portraits of Nero, p. 120, n. 32, pi. 18, fig. 15-22, pi. 19, fig. 23-24 ; M.
Bergmann, Strahlen der Herrscher, pi. 26, fig. 5, pi. 34-35 et 39-41.
(5) C'est le cas d'un buste conserve au Worcester Art Museum du Massachusetts (U. W. Hiesinger, Portraits of Nero,
pi. 25, fig. 45-47 ; M. Bergmann, Strahlen der Herrscher, pi. 38, fig. 5) et d'un buste conserve a la glyptotheque de Munich
(M. Bergmann, Strahlen der Herrscher, pi. 28, fig. 2).
(*) E. Zwierlein-Diehl, Antike Gemmen in deutschen Sammlungen (AGDS) II. Staatliche Museen Preufiischer Kulturbesitz
Antikenabteilung, Berlin, 1969, p. 180, pi. 87, n° 493 ; W.-R. Megow, Kameen von Augustus bis Alexander Severus (Antike
Miinzen und Geschnittene Steine, 11), Berlin & New York, 1987, p. 215, n° A 100 et A 102, pi. 35, fig. 4 et 5.
C) V. Hutchinson Pennanen & M. Henig, A Finger-ring from Clifton Down dans Britannia 26, 1995, p. 308-309, pi. 4,
fig. B.
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Laurent Bricault, Richard Veymiers
collezioni numismatiche • 7
Un portrait de Neron dote du sistre isiaque
objet de propagande de l'ideologie du princeps, d'acculturation et de romanisation(8). En possedant une
telle pierre, le destinataire affichait, dans le cercle restreint de ses connaissances, la loyaute qu'il eprouvait
envers l'Empire, sinon rempereur, et servait en quelque sorte de relais a la diffusion des idees vehiculees
par le pouvoir central. C'est pourquoi il n'est guere pensable que notre intaille soit un document posthume
realise apres la damnatio memoriae qui suivit la mort de Neron.
2. L'identification de I'attribut: le sistre
Apres 64, le portrait de Neron est souvent accompagne de divers attributs divins, apparemment interchan-
geables, generalement a connotation cosmique(9). Instigateur pretendu d'un nouvel age d'or, Neron aimait
en effet se faire representer comme une manifestation resplendissante d'Apollon ou d'Helios/Sol(10). C'est
dans cet etat d'esprit qu'il fit construire a la fin de son regne la Domus Aurea contenant notamment le
colosse neronien, une gigantesque statue doree convertie plus tard en une image du dieu Soleil(n).
L'attribut figure sur notre intaille face au portrait de Neron ne presente cependant aucune connotation
solaire, mais nous entraine dans 1'ambiance des religions dites « orientales ». Malgre un rendu tres simplifie,
la combinaison d'un cadre quadrangulaire sur un manche vertical permet de l'identifier a un sistre, c'est-a-dire
a une sorte de hochet rituel traverse par des tiges souvent munies de sonnailles, qui, agitees, produisent
une douce musique(12).
Dans l'Egypte pharaonique, cet instrument etait surtout lie au culte de la deesse Hathor(13) et a celui
de « nombreuses divinites feminines, dont les liens avec Hathor sont plus ou moins etroits »(14). Manie
par les pretres, les musiciennes ou les chanteuses,« il participait aux activites musicales et choregraphiques
qui accompagnent les ceremonies religieuses »(15). Dote de multiples fonctions, sa musique pouvait provo-
quer 1'apparition ou la naissance d'une divinite, lui procurer du plaisir ou encore apaiser sa fureur. Deux
types differents se rencontraient: le sistre a naos, dont le cadre epouse la forme d'une porte monumentale,
et le sistre arque, dont le manche est couronne par un arceau(16).
(8) Sur les gemmes de « propagande » : H. Guiraud, Intailles et camees romains, Paris, 1996, p. 115-133.
C) U. W. Hiesinger (The Portraits of Nero, dans AJA 79,1975, p. 121-123) a demontre qu'il ne fallait pas etablir de rapport
entre la presence de ces attributs et les differents types de portrait de Neron. Meme s'ils sont plus courants a la fin du regne,
de tels attributs se remarquent sur les portraits de Neron depuis le debut du regne (U. W. Hiesinger, art. cite, p. 122 ; M.
Bergmann, Strahlen der Herrscher, p. 150-171). (Regalement R. R. R. Smith, Nero and the Sun-god: divine accessories and
political symbols in Roman imperial images, dans JRA 13, 2000, p. 532-542.
(10) O. Neverov, Nero-Helios dans M. Henig & A. King (eds), Pagan Gods and Shrines of the Roman Empire (Oxford
Committee for Archaeology Monograph No. 8), Oxford, 1986, p. 189-194, etM. Bergmann, Nero dans Strahlen der Herrscher,
p. 133-230.
(u) M. Bergmann, Der Kolofi Neros, die Domus Aurea und der Mentalitatswandel im Rom derfruhen Kaiserzeit (Trierer
Winckelmannsprogramm, 13), Mainz, 1994 ; L. F. Ball, The Domus Aurea and the Roman architectural revolution, Cambridge,
2003.
(12) Sur le sistre, on verra Chr. Ziegler, s. v. Sistrum, dans LA, V, 1984, col. 959-963, et N. Genaille, s. v. Sistrum, diffusion
greco-romaine, dans LA, V, 1984, col. 963-965.
(13) La tete d'Hathor est souvent reproduite a la jonction du manche et du cadre du sistre (c/le Sistre Louvre N 4314 dans
Chr. Ziegler, LA, V, 1984, col. 962). Transpose dans la pierre, il constitue alors les colonnes hathoriques que Ton rencontre
dans les sanctuaires egyptiens. A Dendera, les deux types de sistre figurent parmi les objets sacres d'Hathor et sont consideres
comme des incarnations meme de la deesse (Fr. Daumas, Les objets sacres de la deesse Hathor a Den-dara, dans RdE 22,
1970, p. 63-78).
(14) Chr. Ziegler, LA, V, 1984, col. 960.
(15) Ibidem.
(16) Sur les types de sistre egyptien, cf M. Reynders, Names and Types of the Egyptian Sistrum, dans C. J. Eyre (ed.),
Proceedings of the Seventh International Congress of Egyptologists. Cambridge 3-9 September 1995 (OLA, 82), Leuven, 1998,
p. 945-955.
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collezioni numismatiche 7
Laurent Bricault, Richard Veymiers
Un portrait de Neron dote du sistre isiaque
Si le premier type n'a connu qu'une diffusion tres limitee en dehors de l'Egypte, le second a joui d'une
grande faveur dans l'ensemble du monde greco-romain en tant qu'instrument caracteristique des cultes
isiaques et de leurs devots. Apulee s'en fait l'echo dans son Ane d'or lorsque Lucius assiste a l'epiphanie
merveilleuse d'Isis pourvue du sistre et de la situle, puis lorsqu'il voit paraitre plus tard, dans la procession
du Navigium Isidis a Cenchrees, le pretre d'Isis dote du meme objet sacre(17). Plutarque dans son De
hide et Osiride nous en donne une description et une interpretation symbolique : le sistre indiquerait
l'agitation necessaire au maintien du cycle naturel(18). Le commentaire des ecrivains est dans l'ensemble
corrobore par les monuments figures et les trouvailles archeologiques(19). Le sistre est devenu dans le
monde romain la marque par excellence de l'appartenance isiaque a la fois pour les divinites, les officiants,
les inities et peut-etre meme les simples fideles.
La presence du sistre isiaque sur notre intaille est toutefois troublante. Reflete-t-elle un lien privilegie
qui aurait ete tisse entre les cultes isiaques et l'empereur NeronO ? Pour tenter de repondre a cette que-
stion, l'examen des autres temoignages associant la famille neronienne au cercle isiaque semble indispensable.
3. Neron, l'Egypte et les cultes isiaques
Selon Suetone {Vita Neronis, 56), Neron a affiche partout son mepris de la religio et n'a porte son
attention que sur quelques superstitiones etrangeres(21). Quoique partial, ce temoignage de l'historien
latin trahit toutefois l'inclination, meme passagere ou superficielle, que l'empereur, dont la vie etait orientee
vers YOtium, a pu eprouver a certains moments de sa vie pour quelques divinites. Apres avoir flirte avec
la Deesse Syrienne et s'etre presents comme « Nouveau Soleil », Neron se fit inkier aux mysteres de Mithra
et a l'occultisme des Mages, en 66, lors de la visite a Rome de Tiridate, roi d'Armeniet22). Cet interet
pour les cultes d'origine etrangere a du aussi se manifester en ce qui concerne les divinites isiaques qui,
comme nous l'apprend Lucain (Pharsale, Vm, 831) avaient alors deja ete introduites a Rome et beneficiaient
(17) Apulee, Metamorphoseon XI, 3-4 et 12.
(ls) Plutarque, De hide et Osiride, 63.
(") Le sistre est surtout figure sur des monuments funeraires. Sur ceux-la, on verra les recueils et etudes d'E. J. Walters,
Attic Grave Reliefs that Represent Women in the Dress oflsis (Hesperia Supplement 22), Princeton, 1988, et ead., Predominance
of Women in the Cult oflsis in Roman Athens: Funerary Monuments from the Agora Excavations and Athens dans L. Bricault
(ed.), De Memphis a Rome (Religions in the Graeco-Roman World, 140), Leiden, 2000, p. 63-89 ; J. Eingartner, Isis und Ihre
Dienerinnen in der Kunst der romischen Kaiserzeit, Leiden, 1991 ; N. Genaille, Le sistre Strozzi (a propos des objets cultuels
isiaques, en Italie), BSFE, 77-78, octobre 1976-mars 1977, p. 55-67 ; ead., Inscription funeraire romaine ornee d'un sistre et
d'un caducee, dans Y. Le Bohec (ed.), L'Afrique, la Gaule, la Religion a I'epoque romaine. Melanges a la memoire de M. Le
Glay (Collection Latomus, 226), Bruxelles, 1994, p. 795-810 ; ead., Instruments du culte isiaque figures sur trois monuments
funeraires de Rome dans C. Berger, G. Clerc & N. Grimal (eds), Hommages a Jean Leclant, HI, Le Caire, 1994, p. 223-234.
Des sistres reels, souvent en bronze ou en argent, ont ete retrouves en Epire (a Ambracia), dans les Cyclades (a Rhenea), en
Mesie (a Oescus), en Mauretanie cesarienne (a Iol-Caesarea et Rusuccuru), en Aquitaine (a Champagnat), en Lyonnaise (a
Canetonum), en Bretagne (a Isca Dumnoniorum et Londinium), en Germanie (a Gelduba, Lousonna et Nida), en Rhetie (a
Cambodunum), en Venetie (a Pergine), en Istrie (k Nesactium), en Narbonnaise (a Aquae et Glanum), en Ligurie (a Industria),
en Emilie (a Spina), en Ombrie (a Iguvium), en Etrurie (a Orbetello), en Sicile (a Catina et Syracusae) et surtout en Campanie
(a Herculanum et Pompei) et a Rome (c/L. Bricault, Atlas de la diffusion des cultes isiaques (IV s. av. J.-C. - IV s. opr.
J.-C.) [Memoires de l'Academie des Inscriptions et Belles-Lettres, 23], Paris, 2001, p. 20, 31, 41, 88-89, 98, 104, 110-111,
114-117, 122-123, 132-133, 135, 139-140, 149, 151, 159, 161 et 167).
C20) Sur Neron et les cultes isiaques, c/M. Malaise, Les conditions de penetration et de diffusion des cultes egyptiens en
Italie (EPRO, 22), Leiden, 1972, p. 403-405 ; M. P. Cesaretti, Nerone e I'Egitto. Messaggio politico e continuita culturale
(Studi di Storia Antica, 12), Bologna, 1989, p. 62-65 ; S. A. Takacs, Isis and Sarapis in the Roman World (Religions in the
Graeco-Roman World, 124), Leiden, 1995, p. 92-94.
(21) En se basant sur cet extrait litteraire, S. K. Heyob n'hesite pas a ecrire, de maniere excessive : « Nero... himself
participated in a wide variety of religious rites and eventually scorned them all » (The Cult oflsis among Women in the Graeco-
Roman World [EPRO, 51], Leiden, 1975, p. 26).
t22) R. Turcan, Seneque et les religions orientates (Collection Latomus, 91), Bruxelles, 1967, p. 10-12.
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Laurent Bricault, Richard Veymiers
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Un portrait de Neron dote du sistre isiaque
d'un sanctuaire sur le Champ de Mars(23). Plusieurs indices permettent de se faire une idee, non des sen-
timents personnels que l'empereur aurait eprouves envers la deesse Isis, mais des relations qu'il aurait pu
entretenir avec la religion isiaque.
Tout au long de son regne, Neron semble attire par l'EgypteC24), s'inscrivant ainsi dans la continuite
de certains de ses ascendants et predecesseurs, Marc Antoine, Germanicus ou Caligula. Cette egyptophilie
de Neron s'explique probablement par l'influence, peut-etre parfois indirecte, de plusieurs membres de
la cour imperiale(25). D'abord, Chaeremon de Naucratis, un authentique hierogrammate egyptien et un
philosophe stoi'cien qui, alors qu'il se trouvait a la tete d'une ecole de litterature alexandrine, avait ete appele
a Rome pour servir de precepteur au jeune prince. De ses ceuvres seuls quelques fragments nous sont parve-
nus grace a des auteurs plus tardifs. Certains extraits transmis par Porphyre traitent d'Isis et Osiris dans
la perspective naturaliste des Stoiciens(26). Aux cotes de Chaeremon, Seneque, qui avait fait un long
voyage en Egypte ou son oncle C. Galerius etait prefet, participait aussi a l'education de Neron. Meme
s'il n'a certainement pas encourage chez son imperial eleve une devotion aux cultes isiaques, dont il critique
et parodie la mise en scene des rituels dans certaines de ses ceuvres, le precepteur stoi'cien lui a peut-etre
transmis paradoxalement son gout pour la vallee du Nil(27). Un passage du De dementia, ou Seneque
compare le Prince au Soleil selon une phraseologie rappelant celle du pharaon, trahit cet interet pour « la
plus royale des terres »(28). Peu apres son avenement, Neron confia a Ti. Claudius Balbillus la prefecture
d'Egypte avant d'en faire son conseiller et son astrologue personnel a la fin de son regneC29). Fort d'une
experience acquise deja en Egypte sous le principat de Claude, ou il fut un expert des traditions sacrees
egyptiennes (archiereus Aegypti), le nouveau prefet eut la tache difficile de conforter la foi du peuple egyptien
dans la puissance du nouveau souverain. Des monnaies alexandrines emises en l'honneur de « la Providence
du Nouvel Auguste » furent diffusees sous son gouvernement(30). Une inscription grecque d'un habitant
t23) Certains historiens ont voulu faire de Neron l'auteur de l'introduction des fetes isiaques dans le calendrier romain et
le constructeur de l'lseum du Champ de Mars. Or, Lucain ecrit, sous le regne de Neron, nos in templa tuam Romana accepimus
him et fait reference en utilisant accepimus et non accipimus a un evenement qui s'est produit anterieurement (M. Malaise,
Conditions, p. 405).
C24) Cf M. P. Cesaretti, Nerone e I'Egitto. L'auteur y reprend le contenu de plusieurs articles qu'elle avait deja consacres
aux rapports de Neron avec l'Egypte (notamment Nerone in Egitto, dansAegyptus, 64,1984, p. 3-25, etNerone a el-Maharraqa,
dans S. F. Bondi (ed.), Studi in onore di Edda Bresciani, Pisa, 1985, p. 119-125).
C25) Ibidem, p. 51-55.
C26) C/les fragments 4, 5 et 17D edites par P. W. Van der Horst, Chaeremon. Egyptian Priest and Stoic Philosopher. The
fragments collected and translated with explanatory notes (EPRO, 101), Leiden, 1984, p. 12-15 et 28-31. Pour J. Hani (La
religion egyptienne dans la pensee de Plutarque, Paris, 1976, pp. 20-21), ces fragments appartiendraient a une oeuvre de
Chaeremon qui aurait inspire Plutarque dans le De hide et Osiride. Ce point de vue n'est pas partage par P. W. Van der Horst
{Chaeremon, p. XII).
(27) R. Turcan, Les cultes egyptiens dans Seneque et les religions orientates, p. 39-62. Ce savant montre clairement que,
malgre ses critiques parfois virulentes, Seneque etait toutefois sensible, emu, au spectacle des ceremonies isiaques.
C28) P. Grimal, Le De Clementia et la royaute solaire de Neron, dans REL 49,1971, p. 205-217. L'auteur utilise ce passage
du De Clementia pour demontrer les sources egyptiennes a l'ceuvre derriere « la theologie solaire » de Neron. II le compare
avec le recit de la naissance du prince (Suetone, Vita Neronis, 6, 1 ; Dion Cassius, LXI, 2, 1), qui avait ete baigne par les
rayons du soleil levant et marque d'un signe royal, evoquant par la « le rite de l'union au disque » des textes egyptiens.
C9) Sur ce personnage, c/J. Schwartz, Ti. Claudius Balbillus (prefet d'Egypte et conseiller de Neron), dans BIFAO XLIX,
1950, p. 45-55.
(30) Ces emissions apparaissent des l'an 3 du regne (56/57), premiere annee de frappe pour Neron dans 1'atelier d'Alexandrie :
Geissen 121 ; SNG France 4, 269 ; au revers, Neron, radie, est figure tronant, a gauche, tenant de la dextre ce qui semble
etre un rouleau de papyrus, la gauche s'appuyant sur un long sceptre ; ses pieds reposent sur un tabouret; on retrouve ce type
en l'an 5 (58/59) : Geissen 137 ; SNG France 4,314-315 ; M. Amandry, A. Burnett, P. P. Ripolles, Roman Provincial Coinage,
I, 1992, n° 5233-5242, ainsi qu'en l'an 6 (59/60) : RPC I, 5253. Sur ces emissions alexandrines IIPONOIA neoy ZEBAZTOY,
on verra J.-P. Martin, Providentia Deorum. Recherches sur certains aspects religieux du pouvoir imperial romain (Collection
de l'Ecole francaise de Rome, 61), Paris-Rome, 1982, p. 151 sq. ; M. Bergmann, Strahlen der Herrscher, p. 157-164, pi. 32,
fig. 1-3.
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collezioni numismatiche 7
Laurent Bricault, Richard Veymiers
Un portrait de Neron dote du sistre isiaque
de Busiris, qui remercie Balbillus d'avoir desensable le sphinx de Gizeh, attribue a Neron l'epithete de
nouvel Agathodaimon et fait honneur a son administration de la juste mesure de la crue du Nil, indiquant
qu'il mena cette politique a bien(31). C'est aussi grace a lui qu'on redecouvrit les colosses de Memnon
qui contribuerent probablement a attirer les populations greco-romaines vers les cultes egyptiens. Enfin,
Poppee, qui devint vers 62 la seconde epouse de l'empereur, aurait appartenu elle-meme a une famille de
tradition isiaque. La maison pompeienne de son cousin, Poppaeus Habitus, possedait un grand laraire isiaque,
orne de divers symboles cultuels et d'une representation de la divine tetrade Isis-Serapis-Harpocrate-Anubis.
De cette maison proviennent egalement des statuettes d'Horus et d'Isis-Fortuna ainsi qu'une lampe avec
Isis, Harpocrate et Anubis(32). Selon Suetone (Vita Othonis, 12, 2), le premier mari de Poppee, Othon,
etait un isiaque convaincu qui, revetu du vetement de lin, n'hesitait pas a celebrer en public le culte d'Isis.
Dans le rare monnayage au nom de Poppee, remarquables sont les emissions successives de la cite thrace
de Perinthe qui presentent au droit le portrait de la jeune femme(33), tandis qu'au revers figure un grand
basileion dans une couronne de laurier. Dans un tel contexte, l'hypothese, elaboree a partir des textes de
Tacite (Annates, XVI, 6, 2) et de Pline (Nat. Hist., XII, 83), que le corps de l'imperatrice fut embaume
selon les rites egyptiens, parait tout a fait plausible(34). Citons encore, parmi les Egyptiens qui vecurent
a la cour, un certain Ptolemee, qui frequentait les salons de Poppee en tant qu'astrologue, ou bien des amis
juifs de l'imperatrice, bons connaisseurs de l'Egypte.
Encourage par son entourage, l'interet de Neron pour l'Egypte s'est parfois manifeste dans sa conduite,
surtout dans les dernieres annees de son regne, si Ton en croit les auteurs anciens(35). II fit venir a Naples
plusieurs Alexandrins apres avoir ete seduit par les cantates qu'ils executaient en son honneur(36). D de-
posa autour de l'obelisque egyptien de Rome les couronnes qu'il avait gagnees suite a ses victoires sporti-
ves(37). Sa volonte exploratrice le poussa a envoyer au moins une expedition a buts militaires et/ou scien-
tifiques vers le royaume de Meroe, dans le Haut-Nil(38). II avait meme prevu d'aller visiter l'Egypte en
personne, mais, saisi de scrupules et de crainte dans le temple de Vesta, il abandonna le projet le jour meme
du depart(39). En 68, au crepuscule de son regne, il songea a supplier qu'on lui laisse au moins la prefecture
(31) Sur cette inscription (OGIS U, n° 666) : P. Grimal, REL 49, 1971, p. 213-214.
(32) V. Tran Tarn Tinh, Essai sur le culte d'Isis a Pompei, Paris, 1964, p. 48-49, p. 129-130, n° 17-18 (fresques), p. 155,
n° 77 et p. 162, n° 105 (statuettes), p. 170-171, n° 132 (lampe) ; F. Seiler, Casa degli Amorini dorati (VI16, 7.38) (Hauser
in Pompeji, 5), Tubingen, 1992, p. 46, 48 et 137, fig. 270-275 (Sacellum d).
(33) Avec des variantes qui suggerent que ces emissions se sont poursuivies sur plusieurs annees : une premiere serie en
62/63, au moins deux autres entre 63 et 65 apr. J.-C. ; cf RPC I, n° 1756, et la Sylloge Nummorum Religionis Isiacae et
Sarapiacae (dir. L. Bricault), Perinthus.
(34) CfH. P. L'Orange, Apotheosis in ancient Portraiture, Oslo, 1947, p. 62-63. Cependant, comme le note M. Malaise,
Conditions, p. 403, les textes cites ne disent pas expressement que Poppee fut embaumee. On sait qu'elle manifesta un vif
interet pour le judai'sme. Or, lorsque les Juifs n'employaient pas le precede de la cremation, ils utilisaient l'inhumation en
vigueur chez les Egyptiens (c/Flavius Josephe, Ant. Iud., XX, 8,11 ; Vita, 16). Quelques annees plus tard, le corps de Priscilla,
epouse d'Abascantus, un familier de Domitien, fut rempli de substances odorantes et recouvert d'etoffes teintees de pourpre
de Sidon (c/U. Scamuzzi, La «mummia» di Grottarossa, dans Aegyptus 45, 1965, p. 82-83).
(35) CfH. P. L'Orange, Domus Aurea, der Sonnenpalast, dans Symbolae Osloenses, Serta Eitremiana, fasc. Suppl. XI,
1942, p. 68 ; M. P. Cesaretti, Nerone e I'Egitto, p. 55-62.
(x) Suetone, Vita Neronis, 20,2-5. Pour R. Merkelbach, Navigium Isidis in Neapel, dans E. Bresciani, G. Geraci, S. Pernigotti
& G. Susini (eds), Scritti in onore di Orsolina Montevecchi, Bologna, 1981, p. 217-219, ce passage de Suetone fait directement
allusion a la fete du Navigium Isidis. Malgre certains rapprochements lexicaux avec Apulee, Meta. XI, 5.5, 9.4-5 et 16.7, cette
hypothese n'est guere convaincante ; c/L. Bricault, Isis, Dame des flots (Aegyptiaca Leodiensia, 7), Liege, 2006.
(37) Dion Cassius, Hist. Rom., LXU, 21, 1.
(38) Pline, Nat. Hist., VI, 181,184-186 et XII, 19 ; Seneque, Naturales Quaestiones, VI, 8, 3-4 ; Dion Cassius, Hist. Rom.,
LXH, 8, 1.
(39) Tacite, Annates, XV, 36 ; Suetone, Vita Neronis, 19, 1 ; Dion Cassius, Hist. Rom., LXII, 18, 1 et LXIII, 27, 2.
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Un portrait de Neron dote du sistre isiaque
de l'EgypteC0). Quant a l'« heliolatrie » pretee a Neron, elle ne serait sans doute pas non plus denuee
de references egyptiennes(41).
Cette egyptophilie de Neron, inculquee et entretenue par son entourage, a pu s'accompagner d'une
attirance pour les cultes isiaques, percus alors a Rome comme les representants de l'ancienne religion
egyptienne. Dans la vallee du Nil, parmi les documents d'epoque neronienne(42), quelques-uns semblent
a priori pouvoir etre mis en rapport plus ou moins etroitement avec le culte d'Isis. A Dendera, par exemple,
l'empereur est appele mr 1st, « l'aime d'Isis », et il est represents en pied comme un authentique pharaon
offrant un petit mammisi a la deesse(43). Cependant, contrairement a ce qui a pu parfois etre ecritO,
ces temoignages purement egyptiens ne peuvent etre considered comme les preuves d'un quelconque atta-
chement isiaque de Neron, mais bien plutot comme 1'affirmation d'une presence politique visant a gagner
le coeur des Egyptiens. Adversaires virulents des cultes isiaques a Rome, Auguste et Tibere apparaissaient
aussi en Egypte en vrais pharaons, officiant devant les divinites egyptiennes, y compris Isis, afin de montrer
au peuple egyptien « qu'ils incarnaient rharmonie du ciel et de la terre, grace a laquelle le Nil apportait
les inondations benefiques et la terre remplissait les greniers dont beneficiait largement Rome »(45). La
presence de Tibere et d'Auguste dans l'imagerie egyptienne, plus frequente meme que celle des empereurs
reputes comme egyptophiles, incite a une grande prudence : il faut se garder de sortir la documentation
de tradition pharaonique de son contexte et lui donner une valeur qu'elle ne possede pas. On ne doit pas
considerer comme initiatives ou inclinations personnelles des representations engendrees par un systeme
pour l'essentiel immuable, se perpetuant en quelque sorte en vase clos et n'obeissant qu'a sa propre logique.
La documentation numismatique pose d'autres types de problemes. Hors d'Alexandrie, nous ne con-
naissons pas pour le moment de monnaie a type isiaque frappee au nom de Neron(46), alors que Ton a
conserve par exemple des monnaies de Claude representant aussi bien Isis a la voile (a Byblos), Isis debout
(a Perinthe) que Sarapis tronant (a Iconium en Lycaonie et a Pessinonte en Galatie)(47). Dans le monnayage
alexandrin emis lors du regne de Neron, on trouve au moins trois types de revers « isiaques » : Serapis
en buste, Serapis tronant et Apis marchant(48). Cependant, ce n'est pas a Neron, comme on le croit souvent,
que Ton doit la reintroduction de l'image de Serapis dans le monnayage alexandrin, presque trois siecles
C40) Suetone, Vita Neronis, 47, 2.
(41) Cf supra note 27.
(42) O. Montevecchi, Nerone e I'Egitto. Postille, dans Laparola del passato 30,1975, p. 48-58 ; Y. Perrin, Neron et I'Egypte :
une stele de Coptos montrant Neron devant Min et Osiris, dans REA 84, 1982, p. 117-131 ; M. P. Cesaretti, Nerone e I'Egitto,
p. 19-41.
(43) M. P. Cesaretti, Nerone e I'Egitto, p. 24-25.
(**) Ainsi par M. P. Cesaretti, Nerone in Egitto, dans Aegyptus 64, 1984, p. 24-25, et Nerone e I'Egitto, p. 63-64.
(45) V. Tran Tarn Tinh, Les empereurs romains versus Isis, Serapis, dans A. M. Small (ed.), Subject and Ruler: the Cult
of the Ruling Power in Classical Antiquity (JRA Suppl. Series, 17), Ann Arbor, 1996, p. 227.
C6) Contrairement a ce qu'ecrivait F. Dunand, Le culte d'Isis dans le bassin oriental de la Mediterranee. II Le culte d'Isis
en Grece (EPRO, 26), Leiden, 1973, p. 199, n. 3, suivant B. V. Head & P. Gardner, A Catalogue of the Greek Coins in the
British Museum. Vol. 3: The Tauric Chersonese, Sarmatia, Dacia, Moesia, Thrace, etc., London, 1877, p. 148, n° 14, apropos
d'une emission de Perinthe, en Thrace, sur laquelle Isis figure debout a la proue d'un bateau ; la seule emission a ce type
date du regne d'Alexandre Severe : SNRIS Perinthus.
(47) Cfr SNRIS Byblus, Perinthus, Iconium et Pessinus.
(4S) A partir de l'an 10 du regne (63/64) pour le type au buste de Serapis : Geissen 160-161 ; RFC I, 5274, 5279, 5281 ;
SNG France 4, 333-353 ; a partir de l'an 11 (64/65) ou plus probablement 14 (67/68) pour le type de Serapis tronant: RPC
I, 5286 ; c/R. Pincock, Nero's Large Bronze Coinage for Egypt dans Numismatic Chronicle, 1995, p. 266-71 (Type I. Sarapis
reverse) ; a partir de l'an 14 pour celui d'Apis marchant: Geissen 209 ; RPC I, 5323 ; SNG France 4, 586. L'existence de
monnaies au type d'Isis en buste, mentionnee par Th. Mionnet, Description de medailles antiques, grecques et romaines, Suppl. 9,
Paris, 1837, p. 32.44 et 47, repris par K. Emmett, Alexandrian Coins, Lodi, 2001, n° 125. 11 et 14, pour les annees 64/5 et
66/7, demande a etre confirmee. Sur les themes du monnayage alexandrin de Neron, c/H.-Chr. Noeske, RUckseitenprogramme
aufden alexandriner Tetradrachmen Neros, dans Stddel Jahrbuch 19, 2004, p. 231-248.
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Un portrait de Neron dote du sistre isiaque
apres Ptolemee IV, mais a Claude(49). Quant aux monnaies au type d'Apis, elles peuvent renvoyer a une
realite locale, comme l'avenement d'un nouvel Apis, assez eloignee des cultes isiaques proprement dit ou
des penchants neroniens.
Signalons enfin une statue egyptisante en granit rose qui representerait l'empereur Neron en pharaon
flanque a sa gauche d'une petite figure d'Isis (fig. 8), retrouvee en Italie a proximite de Rome(50).
4. Conclusion
Faute de sources plus explicites, il n'est guere possible d'evaluer les convictions profondes de Neron
envers les cultes isiaques. Tout au plus pouvons-nous admettre que l'empereur egyptophile, entoure a sa
cour par plusieurs admirateurs du pays du Nil et de son ancestrale religion, evoluait dans un contexte favo-
rable au developpement d'une devotion isiaque. Mais faire de notre intaille la preuve d'une piete isiaque
chez Neron a la fin de son regne serait tomber dans la surinterpretation et 1'extrapolation. Empereur « theo-
morphe » par excellence(51), Neron devait se plaire a revetir les attributs des dieux, parfois peut-etre par
simple calcul politique, sans pour autant faire preuve d'une sincere allegeance religieuse a leur egard. De
plus, il n'est pas impossible que le sistre s'explique ici independamment du portrait imperial qu'il accom-
pagne. Sa presence pourrait alors simplement indiquer la fabrication egyptienne de 1'intaille ou afficher
la foi isiaque de son proprietaire.
(49) Le type au busts de Serapis apparait en l'an 3 du regne de Claude (42/43) : RPC I, 5136.
(50) S. Curto, Statua egittizzante nelMuseo delle Terme, dans SAK6,1978, p. 55-61, pi. 17-19. Si 1'identification serevelait
exacte, la presence de la deesse renforcerait le caractere egyptisant de l'oeuvre, mais trahirait peut-etre aussi des liens plus
intimes qui auraient alors uni 1'empereur a la religion isiaque. CfM. P. Cesaretti, Nerone in Egitto, dans Aegyptus 64, 1984,
p. 24, et Nerone e I'Egitto, p. 64-65. L. Sist Russo, dans M. De Angelis D'Ossat, Scultura antica in Palazzo Altemps, Roma,
2002, p. 284.
(51) M. Bergmann, Nero dans Strahlen der Herrscher, p. 133-230.
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